Éditorial du 16 mai 2020

« N’ayez pas peur ! »

Avec d’autres expressions de même sens comme « Ne craignez pas », « Soyez sans crainte », c’est le commandement le plus répété dans la Bible ! … on l’y compterait 365 fois, comme pour dire la pertinence quotidienne de ces mots inauguraux du pape Jean-Paul II : « N’ayez pas peur ! » (22 octobre 1978). La Bible révèle un Dieu qui veut conjurer la peur chez l’homme, non pas pour l’en exempter – il est naturel d’avoir peur d’un danger ou d’un mal -, mais pour que la peur ne dicte plus nos décisions, ne nous fasse plus « perdre cœur » c’est-à-dire le courage, la vertu d’agir malgré la peur.

Or si toute peur – de perdre, de souffrir, de rater, de manquer… – s’enracine dans LA peur fondamentale qu’est la peur de la mort, les chrétiens qui croient en la résurrection parce qu’ils croient en celle du Christ, devraient en droit être reconnaissables à ce courage, sans pourtant que celui-ci soit leur monopole : tout homme capable de faire de sa mort un acte plus sensé que la-survie-à-tout-prix, qu’il s’agisse du fanatique ou du suicidaire, du martyr ou du djihadiste, du héros ou du sage, cet homme-là non plus ne se laisse plus déterminer par la peur, aussi obsédante soit-elle.

Il y a donc courage et courage, comme par exemple, selon Jean Jaurès, celui de persévérer dans le bien, même modeste, autant que dans la visée de l’idéal. Pour le chrétien, si la foi le met lien personnel avec Jésus-Christ vivant, si le baptême le plonge dans la mort et la résurrection du Christ, si comme le dit frère Christian de Chergé au moine qui s’interroge devant la perspective du martyre : « Ta vie, tu l’as déjà donnée », non seulement par la consécration mais par le baptême [cf. le film Des hommes et des dieux], cette foi chrétienne devrait non seulement libérer de toute peur, mais conduire au Christ, à celui-qui-nous-a-donné-sa-vie-par-amour et qui nous donne la liberté de faire pareil à sa suite : « Jésus par sa mort, a pu réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves ». (He 2,14-15)

Bien des obstacles peuvent limiter de fait cette liberté, y compris chez les chrétiens. Dans son discours à l’université de Harvard (8/6/1978), la même année que le début du pontificat de Jean-Paul II, Alexandre Soljenitsyne, le célèbre dissident expulsé d’URSS, l’auteur de l’Archipel du Goulag, s’adressant à ceux qui représentaient l’Occident, le camp de la liberté, de la démocratie, faisait ce diagnostic : « Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur ». Il y a des raisons à cela en Occident : l’éloignement de la mort (guerre, famine, maladie) puis son déni – que l’historien Guillaume Cuchet repère jusque dans la disparition du thème des « fins dernières » ou de l’au-delà dans la prédication des années 60 -, le primat de la revendication de ses droits sur la reconnaissance de ses devoirs, le désintérêt pour le bien commun et le repli individualiste sur la sphère privée qu’avait entrevus Tocqueville comme les périls d’une société démocratique, le bien-être d’un consumérisme outrancier qu’une dialectique du maître et de l’esclave finira par renverser…

Ne plus avoir de passion ou de cause qui justifie qu’on lui consacre sa vie, ni de devoir susceptible d’exiger qu’on fasse le sacrifice de sa vie, fait alors du maintien de son bien-être, de sa survie – ou de ceux de ses proches – la seule fin qui vaille qu’on lui sacrifie tout le reste. Sans la verticalité d’une transcendance appelant au dépassement de l’intérêt de l’individu ou du groupe, ne demeure que la réflexivité soucieuse de soi ou l’horizontalité grégaire du groupe. La crise pandémique actuelle et son traitement précautionneux si coûteux illustrent ainsi notre-hantise-de-la-mort, ou plus exactement la-hantise-de-notre-mort, car la mort lointaine des autres nous dérange peu : 25.000, le nombre des morts du corona-virus en France en trois mois de pandémie, c’est le nombre de ceux qui meurent de faim chaque jour dans le monde, alors qu’une infime fraction des efforts consentis ces jours-ci suffirait à les éviter… [cf. l’édito de Frédéric Boyer (La Croix)]

Les Anciens nous apprennent que la vertu de prudence – qui est la sagesse pratique dans l’action et non pas la précaution et encore moins l’évitement de tout risque – va avec les trois autres vertus cardinales de justice – qui s’attelle au bien d’autrui et pas seulement au sien propre -, de force – c’est-à-dire de courage face à la difficulté et ultimement face à la mort – et de tempérance – et notamment de frein mis à nos appétits égoïstes. Puissions-nous apprendre que la vie vaut « ce que nous sommes capables de risquer pour elle » (Hegel), ou de manière plus évangélique, ce pour quoi on est prêt à la donner, en entendant du Christ : « celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera » (Mc 8,35). Comme bien des professions l’ont montré dans ce temps de confinement, le don désintéressé de nous-mêmes, l’oubli de soi, la préoccupation pour les plus malheureux, le sens du sacrifice seront indispensables pour sortir de cette crise. [cf. un article sur ce que nous apprend La Peste de Camus]

p. Raphaël Bui

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Redémarrage paroissial

« N’ayez pas peur » et « soyez pru­dents » ! Ces 2 impératifs condui­sent à respecter atten­tive­ment les règles sanitaires (cf. bit.ly/regles-11-mai) en in­vitant les équipes à se retrouver surtout par vi­sio-conférence (cf. bit.ly/ndod-visio). Si une réunion en présence physique est nécessaire, vous pouvez vous retrouver dans l’espa­ce aménagé dans la 1ère travée de l’église de Capdenac (10 chaises bien espacées) en venant avec un fla­con de gel hydro-alcoolique pour l’équipe et un masque pour chacun (si vous n’en avez pas, contacter la paroisse pour un dépannage).

Pas de célébration publique… avant que ce soit autorisé. Nous verrons en conseil pasto­ral alors comment en organiser avec prudence (en extérieur ? en plusieurs « petites » célébra­tions réparties en plusieurs lieux ?)
Vos réactions : bit.ly/ndod-babillard

Urgence Secours Catholique


« En cette période où tous nos repères sont bousculés, l’équipe du Secours Catholique de Capdenac a été confrontée à un grave problè­me d’effectif, la direction nationale du Secours Catholique ayant demandé aux bénévoles fragiles et/ou âgés de plus de 70 ans de cesser leurs activi­tés en contact avec des personnes en difficul­tés. La quasi-totalité de l’équipe de Capdenac est concernée par cette mesure de protection sociale. Nous avons un impérieux besoin que des personnes de bonne volonté nous rejoi­gnent. La tâche n’est ni difficile ni contrai­gnan­te, chaque bénévole contribue à l’activité de l’équipe selon ses désirs, ses disponibilités ou compétences.

A Capdenac, on distingue principalement deux pôles d’activité :

(1) la boutique solidaire qui re­quiert : des bénévoles pour le tri des vête­ments que l’on nous donne (1x / semaine) ; 4 béné­voles par ouverture de la boutique (jeu­di après-midi et samedi matin) : accueil-café, service boutique… entretien des locaux.

(2) l’accompagnement des personnes fragili­sées par la vie : 2 bénévoles reçoivent dans nos locaux, aux heures d’ouverture de la bou­tique, les personnes qui sollicitent notre aide.

Enfin, une réunion mensuelle permet l’informa­tion des bénévoles, la répartition des tâches et contribue à la cohésion du groupe qui compte actuellement environ 25 membres.

Venez nous rejoindre, nous avons besoin d’ai­de et plus encore ceux qui sont dans des mo­ments difficiles. »

Michel Debray

Je relais tout particulièrement cet appel, à l’at­tention de ceux d’entre nous qui auraient en excès cette denrée trop rare pour les associa­tions : du temps ! A lire aussi, en lien avec l’ur­gence sociale : bit.ly/nous-sortirons

p. Raphaël Bui

KT, 1ère communion, profession de foi…

Compte-tenu de la complexité des règles à res­pecter pour rassembler des enfants en un mê­me lieu, les équipes de catéchisme ne se retrou­veront que par des moyens à distance (tel., mail, vi­sio conférence…) si elles le veulent et le peuvent.

Les grands ren­dez-vous de juin avec les en­fants (1ère communion, profes­sion de foi) sont à la fois :

(1) reportés à l’automne ;

(2) rempla­cés par une cé­lébration vidéo collaborative avec toutes les familles, dimanche 14 juin, fête du Saint Sacre­ment (cf. bit.ly/fete-dieu), sous forme d’un montage vidéo diffusé le 14 juin en « différé » sur You­Tube, en tant que messe du 14 juin. Ce montage inclura tous dessins, tex­tes, photos, ou mieux : vidéos de lectures, mu­si­ques ou chants… fournis par chacun avant le 12 juin. À partir du 23 mai, le p. Raphaël et un(e) paroissien­(ne) tiendront chaque samedi et diman­che une permanence (18h-18h30) en visio-conférence sur bit.ly/ndod-visio, pour ai­der chacun à collaborer à cette célébration.

Des pistes pour aider les chrétiens d’Orient, avec l’association « L’Œuvre d’Orient »

Prier, Soutenir, Découvrir, Agir, Accueillir

Mais aussi, selon Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de L’Œuvre d’Orient :

« Vivre en chrétien » : Les chrétiens d’Orient me demandent souvent : « Y a-t-il encore des chrétiens en France ? Avant de penser à « faire quelque chose pour eux », demandons-nous si nous sommes cohérents dans notre vie chrétienne.

« Défendre leur cause » : Si les catholiques de France écrivaient à leur député pour leur demander de défendre la cause des chrétiens d’Orient ce serait un sacré appui !

« Apprendre à les connaître » : Il existe en France trois diocèses orientaux (maronite, ukrainien et arménien) et de nombreuses paroisses orientales d’autres rites. Participer à leur liturgie, leur donner la parole, les rencontrer, c’est l’occasion de parler de leur histoire qui est aussi la nôtre.

« Se décentrer du « latinisme » » : Être catholique, ce n’est pas être latin ! Les chrétiens d’Orient ont aussi part à l’universalité de l’Église catholique et il est essentiel de les y associer.

Mutations dans le clergé du Bassin

Cet été, les Clercs de Saint Viateur (p. Sylvain Konan, Pierre Demier­re, Bernard Molinier) quitteront le Bassin pour rejoindre Rodez et Lyon (Sylvain). Nous organiserons avec le doyenné une fête pour dire au-revoir et merci à nos trois prêtres « csv » si présents sur le secteur depuis des décennies.

Ils seront remplacés par le p. Da­niel Rigaud, prê­tre Fidei Donum du diocèse d’Albi. Je connais et apprécie Daniel depuis le séminaire, et nous nous retrouvons régu­lièrement depuis 20 ans tous les 2 mois environ au sein d’une frater­nité de 6 prêtres du Sud-Ouest.

[cliquer ICI pour voir la vidéo de l’annonce par le p. Daniel de son départ de la paroisse de Graulhet (81) et de sa venue à Decazeville]

p. Raphaël Bui

Finances de l’Église


Les prêtres et permanents diocé­sains ne sont pas au « chômage par­tiel », tandis que les res­sour­ces de l’Église ont fortement diminué avec le confine­ment. Merci pour votre contribution au Denier de l’Égli­se, pour le financement du diocèse pour ceux qui y oeuvrent ! bit.ly/denier-2020

Sans messe depuis 8 semaines – et d’autres à venir – et donc sans quêtes du dimanche, la paroisse est particulièrement reconnaissante à ceux qui lui ont fait parvenir un chèque ou un don sur la plateforme en ligne (bit.ly/ndod-quete) pour le financement paroissial.

Obsèques de la semaine

Gilbert Descouteix, 82 ans, Capdenac (11/5)
Jean Vayre, 86 ans, Capdenac (12/5)
Andrée Vial née Bonenfant, 75 ans, Capdenac (13/5)
Roger Gil, 83 ans, Capdenac (14/5)
Albert Lavaurs, 88 ans, Bouillac (16/5)