La foi chrétienne en 5′

26 images pour dire la foi chrétienne en 5'Pour préparer une exposition sur la foi chrétienne, à l’occasion de la rencontre des « Religions pour la Paix », il a fallu rédiger un exposé de « la foi chrétienne en 5 minutes ». En voici le résultat, réalisé avec les corrections d’une équipe de laïcs. Il développe ce qui avait été fait précédemment sous le titre « La foi en 10 images« .

A télécharger :
– 9 panneaux d’exposition (texte légèrement modifié) : ICI
– livret 8 pages A6 portrait (à partir de 2 feuilles A5 paysage recto-verso), pdf prêt à imprimer : ICI
– album des images associées à chaque paragraphe : ICI

 

1. Dieu le Père

La contemplation de l’univers, la confrontation aux grandes questions de l’existence, la vie et la mort, le bien et le mal, l’amour, la liberté, la vérité… tout cela suscite en l’homme une interrogation, voire une intuition religieu­se : au fondement et au-delà de toute chose, y au­rait-il une réalité absolue, éternelle, infinie… divine ?

A la suite d’Abraham, le peuple d’Israël a expéri­menté dans la rudesse de son histoire, la proximité aimante de cette réalité : un Dieu créateur, libéra­teur, sauveur, donnant la vie et se révélant en per­sonne pour faire alliance avec l’humanité. Un Dieu qui par ses promesses dynamise l’histoire, et qui par ses exigences liant foi en lui et souci du pro­chain, rend l’homme capable de lui répondre amour pour amour.

Avec les juifs et les musulmans, les chrétiens croient en un seul Dieu créateur. Ils le nomment même Père, lui dont la toute-puissance, la sainteté et la grandeur sont celles de l’amour, avec ce que cela implique de miséricorde et de fécondité, de force et de vulnérabilité.

 

 

2. La Bible, Parole de Dieu

Le Dieu des chrétiens se révèle dans l’histoire d’un peuple, Israël, et au cœur de ce peuple, dans celle d’un homme, Jésus de Nazareth, en qui Dieu a tout dit de lui-même. La relecture de cette histoire, pour y repérer les traces de la présence de Dieu a donné lieu à divers témoignages, oraux puis écrits. Dans cette bibliothèque, une diversité d’expérien­ces de Dieu sont relatées, conservées, sélection­nées pour constituer la Bible.

Nous pouvons puiser dans ce trésor pour discerner dans nos vies ce qui relève de Dieu ou au contraire d’une illusion.

La Bible comporte des paroles humaines certes, mais inspirées. Pour les chrétiens, Jésus-Christ est La Parole de Dieu faite chair. La Bible n’est « Paro­le de Dieu » que par analogie, par l’accès incontour­nable qu’elle donne au Christ, par son annonce (Ancien ou Premier – Testament), et le témoignage de ses 1ers disciples (Nouveau Testament). « Igno­rer les Ecritures, c’est ignorer le Christ. » (Saint Jérôme)

 

3. Jésus-Christ, Dieu fait homme

L’alliance de Dieu avec l’humanité atteint son som­met indépassable en Jésus-Christ. En Jésus se réalise la promesse faite à Israël d’une parfaite communion entre Dieu et l’homme. En Jésus, Dieu se fait homme, et c’est en contemplant son humani­té que l’on découvre en plénitude qui est Dieu. Alors que « Dieu, personne ne l’a jamais vu » (1Jn 4,12), le Christ nous montre le Père à l’œuvre en lui, et la paternité de Dieu à l’égard de tous.

Sa relation unique au Père le fait reconnaître com­me Fils unique de Dieu. Sa relation unique aux hommes, et en particulier aux exclus, aux pauvres, et aux pécheurs, leur manifeste leur dignité d’en­fants de Dieu et leur donne de vivre comme tels, « par lui, avec lui et en lui ». Sa manière de vivre manifeste que la loi, les commandements de Dieu sont seconds par rapport à l’initiative gratuite, à l’amour indéfectible de Dieu pour l’humanité.

Ecouter l’enseignement du Christ, devenir son dis­ciple, l’imiter et plus encore le laisser faire alliance avec nous et pouvoir dire avec Saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20), tel est le programme de vie du chrétien.

 

4. La Passion du Christ

Jésus pose tout au long de sa vie publique des signes, des miracles qui manifestent que Dieu veut l’homme debout, restauré dans sa dignité inaliéna­ble de fils de Dieu, et que « la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant » (Saint Irénée). La lutte contre le mal et la souffrance est une constante dans sa vie.

Pourtant, le lieu par excellence où il manifeste la gloire de Dieu, la toute-puissance de son amour, reste la Croix. Sur la Croix, il n’accomplit pas de prodige pour se sauver lui-même, mais consent librement à souffrir sa Passion qui le mène à la mort, en gardant jusqu’au bout sa confiance à l’égard de son Père. L’amour de miséricorde qu’il garde pour ceux qui l’ont condamné et l’outragent, est déjà victorieux à la Croix.

En Jésus-Christ cru­cifié, Dieu rejoint l’humanité jusque dans ce qu’elle a de plus tragique : la finitude, la condition mortel­le, le scandale du mal et tout particulièrement la souffrance de l’innocent. En descendant dans nos enfers et dans notre mort, le Christ nous assure de ne jamais nous y laisser seul. Mieux, il s’identifie à nous en ces circonstances pour nous unir à lui. En cela, Jésus « n’est pas venu supprimer la souffran­ce. Il n’est même pas venu pour l’expliquer. Il est venu pour la remplir de sa présence. » (Claudel)

 

5. La Résurrection du Christ

La Résurrection du Christ est le cœur de la foi chrétienne. En elle est affirmée la réalité de la vic­toire du Christ sur le péché et sur la mort, la fécon­dité de sa vie donnée, et par suite, de la nôtre vé­cue à sa manière. Le Christ est présent auprès de nous, lorsque nous nous réunissons en son nom, que nous écoutons sa Parole, que nous le rece­vons dans les sacrements. La Résurrection procla­me la finalité présente et ultime de notre existence.

Le Christ est vivant : rien ne peut nous séparer de lui, de l’amour qu’il répand, pas même les épreu­ves, les échecs ou la mort. En cela, Dieu est fidèle à son projet créateur : la vie qu’il donne à l’homme, lui est réellement donnée, pour de bon, pour tou­jours. Une telle qualité de don permet alors au chrétien de vivre à son tour en ressuscité, libéré de la peur et du doute.

Être chrétien, être baptisé, c’est plonger dans la mort du Christ, mourir à soi-même avec lui, pour ressusciter avec lui, dans une existence décentrée de soi, mais consacrée au Christ.

 

6. La Trinité

Le Dieu des chrétiens est amour. Amour créateur, principe de toute chose, ne manquant de rien : il est Père. Amour sauveur, envoyé auprès des hom­mes, se réjouissant de leurs joies et souffrant de leurs peines : il est Fils. Amour d’alliance, s’inscri­vant au cœur de ceux qu’il aime, source d’inspira­tion : il est Esprit Saint.

Par analogie avec l’amour humain qui conjugue amour de soi, amour d’autrui et amour qui donne la vie, cet amour est trinitaire. C’est l’amour d’un seul Dieu en trois relations : le don du Père, l’accueil de ce don par le Fils, et le débordement de cet amour mutuel.

 

7. L’Eglise, Corps du Christ

Comme Corps du Christ, Peuple de Dieu et Tem­ple de l’Esprit Saint, l’Eglise rassemble dans une même foi et un même baptême, des membres divers, complémentaires. L’unité et la vitalité de ses membres dépend de leur union au Christ, seul capable de faire resplendir sur eux la sainteté de Dieu. Tout en étant composée de pécheurs, l’Eglise rayonne du Christ qui l’a choisie pour être « à la fois le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain. » (LG 1) Pour cela, la Vierge Marie est figure exemplaire de l’Eglise et du chrétien.

L’Eglise reçoit du Christ le don et la mission d’annoncer sa Bonne Nouvelle de salut, de prier et célébrer avec lui, de vivre l’Evangile au quotidien par une vie de charité. On n’est pas chrétien tout seul, car cette triple mission ne peut être vécue seul, mais ensemble, en Eglise.

L’Eglise souffre de son manque d’unité, entre catholiques, orthodoxes, protestants, anglicans, évangéliques… La prière que le Christ adresse à son Père : « Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17,22) n’est donc pas encore accomplie. Le dialogue oecuménique témoigne qu’ensemble, nous ne nous en satisfaisons pas.

 

8. Les sacrements

Les sacrements mettent en communion vivante avec le Christ ressuscité. Dans les sacrements, le Christ se rend présent par un geste et une parole de sa vie publique, car sa résurrection nous en rend contemporains. Bénédiction, pardon, guéri­son, envoi en mission, consécration… autant d’ac­tes de salut du Christ pour aujourd’hui, en direction de son Père et des hommes. Il y associe l’Eglise, et tous les membres de son corps unis à lui moyennant la foi baptismale. Ce n’est donc pas par eux-mêmes ou pour eux-mêmes, que les chrétiens cé­lèbrent un sacrement, mais « par lui – le Christ -, avec lui et en lui » et « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ».

En tout sacrement, l’Esprit Saint consacre le Christ – et nous avec – à son Père et aux hommes. Le baptême et la confirmation nous consacrent prêtre, prophète et roi avec le Christ pour rayonner de lui au milieu des hommes. L’Eucharistie consacre la vie des hommes, ce qu’ils reçoivent de la création et ce qu’ils en font par leur travail.

Pour les catholiques, le mariage est un sacrement, et il consacre à Dieu l’amour d’un homme et d’une fem­me, reçu de Dieu. De même, l’ordination consacre et envoie au service de l’Eglise. Plus mystérieux encore, le sa­crement du pardon ou des malades consacrent no­tre faiblesse accueillie dans la foi et remise entre les mains du Père.

 

9. La morale : suivre le Christ

La morale est naturelle et non pas spécifiquement juive, chrétienne, ou judéo-chrétienne : pour le bonheur de l’homme, elle donne des règles éprouvées d’attention au prochain et de bien vivre ensemble. Avec le peuple d’Israël, les chrétiens voient la morale comme moyen de répondre à l’amour de Dieu pour l’humanité, puisque les commandements de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain vont ensemble.

Ils voient aussi dans l’effort moral vers le bien et contre le mal, la possible collaboration du chrétien au salut donné par le Christ, l’imitation de sa vie toute donnée aux autres, le fruit de l’union au Christ. Le commandement du Christ : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », induit alors un au-delà de la morale qui va jusqu’à l’amour de l’ennemi, à « tendre la joue gauche » etc…

L’amour préférentiel pour les petits et les pauvres n’est pas optionnel pour le chrétien. Les servir, c’est servir le Christ qui s’identifie à eux : c’est servir Dieu lui-même. Cela s’étend à la recherche de la paix, de la justice, d’une économie au service de l’homme et respectueuse de la Création. L’amour n’est pas que sentiment, passion ou compassion, mais décision et action en vue du bien d’autrui et du bien commun.

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