Doctrine Sociale de l’Eglise

Ce petit mémento de D.S.E. est un copier-coller à partir des « en bref » du Catéchisme de l’Eglise Catholique (1998). Il a servi samedi à une présentation à des lycéens et étudiants de l’ « année Samuel ».

C’est l’occasion ici de rappeler :

– la sortie toute récente du Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise, en deux versions françaises au choix : Edition vaticane ou Bayard-Cerf-Fleurus ;

– les Assises Chrétiennes de la Mondialisation qui se sont tenues ce week-end, et qui témoignent fortement de la réflexion (cf. le Livre Blanc) et de l’action des chrétiens en vue d’une mondialisation au service de l’homme.

 

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a–   Il existe une certaine ressemblance entre l’union des personnes divines, le Père, le Fils et le Saint Esprit, et la fraternité que les hommes doivent instaurer entre eux.

b–   Le respect de la personne humaine considère autrui comme un « autre soi-même ». Il suppose le respect des droits fondamentaux qui découlent de la dignité intrinsèque de la personne.
Les différences entre les personnes appartiennent au dessein de Dieu qui veut que nous ayons besoin les uns des autres. Elles doivent encourager la charité.
c–   « La personne humaine est, et doit être le principe, le sujet et la fin de toutes les institutions sociales. » (GS 25) L’homme est lui-même l’auteur, le centre et le but de toute la vie économique et sociale. Pour se développer en conformité avec sa nature, la personne humaine a besoin de la vie sociale. Certaines sociétés, comme la famille et la cité, correspondent plus immédiatement à la nature de l’homme.
Le développement véritable est celui de l’homme tout entier. Il s’agit de faire croître la capacité de chaque personne de répondre à sa vocation, donc à l’appel de Dieu (cf. CA 29).
d–   La solidarité est une vertu éminemment chrétienne. Elle pratique le partage des biens spirituels plus encore que matériels. Le devoir des citoyens est de travailler avec les pouvoirs civils à l’édification de la société dans un esprit de vérité, de justice, de solidarité et de liberté.
« Tu ne voleras pas » (Dt 5,19). « Ni voleurs, ni cupides … ni rapaces n’hériteront du Royaume de Dieu » (1Co 6,10). Le septième commandement prescrit la pratique de la justice et de la charité dans la gestion des biens terrestres et des fruits du travail des hommes.
L’égale dignité des personnes humaines demande l’effort pour réduire les inégalités sociales et économiques excessives. Elle pousse à la disparition des inégalités iniques.
La loi morale proscrit les actes qui, à des fins mercantiles ou totalitaires, conduisent à asservir des êtres humains, à les acheter, à les vendre et à les échanger comme des marchandises.
e–   Le bien commun comprend « l’ensemble des conditions sociales qui permettent aux groupes et aux personnes d’atteindre leur perfection, de manière plus totale et plus aisée » (GS 26) Le bien commun comporte trois éléments essentiels : le respect et la promotion des droits fondamentaux de la personne ; la prospérité ou le développement des biens spirituels et temporels de la société ; la paix et la sécurité du groupe et de ses membres.
f–   Toute communauté humaine a besoin d’une autorité pour se maintenir et se développer. La communauté politique et l’autorité publique trouvent leur fondement dans la nature humaine et relèvent par là d’un ordre fixé par Dieu (GS 74) « Il n’y a d’autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par lui » (Rm 13,1).
L’autorité s’exerce d’une manière légitime si elle s’attache à la poursuite du bien communde la société. Pour l’atteindre, elle doit employer des moyens moralement recevables.
L’autorité politique doit se déployer dans les limites de l’ordre moral et garantir les conditions d’exercice de la liberté. La société doit favoriser l’exercice des vertus, non y faire obstacle. Une juste hiérarchie des valeurs doit l’inspirer. Le citoyen est obligé en conscience de ne pas suivre les prescriptions des autorités civiles quand ces préceptes sont contraires aux exigences de l’ordre moral. « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5,29).
Chacun doit se préoccuper de susciter et de soutenir des institutions qui améliorent les conditions de la vie humaine. Il faut encourager une large participation à des associations et des institutions d’élection. Il revient à l’Etat de défendre et de promouvoir le bien commun de la société civile. Le bien commun de la famille humaine tout entière appelle une organisation de la société internationale.
g–   L’autorité publique est tenue de respecter les droits fondamentaux de la personne humaine et les conditions d’exercice de sa liberté. Selon le principe de subsidiarité, ni l’Etat ni aucune société plus vaste ne doivent se substituer à l’initiative et à la responsabilité des personnes et des corps intermédiaires.
h–   Les biens de la création sont destinés au genre humain tout entier. Le droit à la propriété privée n’abolit pas la destination universelle des biens : Les biens créés par Dieu pour tous doivent arriver en fait à tous, suivant la justice et avec l’aide de la charité.
i–   La domination accordée par le Créateur sur les ressources minérales, végétales et animales de l’univers ne peut être séparé du respect des obligations morales, y compris envers les générations à venir. Les animaux sont confiés à la gérance de l’homme qui leur doit bienveillance. Ils peuvent servir à la juste satisfaction des besoins de l’homme.
j–   La valeur primordiale du travail tient à l’homme même, qui en est l’auteur et le destinataire. Moyennant son travail, l’homme participe à l’œuvre de la création. Uni au Christ le travail peut être rédempteur.
k–   L’aumône faite aux pauvres est un témoignage de charité fraternelle : elle est aussi une pratique de justice qui plait à Dieu. L’amour des pauvres est incompatible avec l’amour immodéré des richesses ou leur usage égoïste. Dans la multitude d’êtres humains sans pain, sans toit, sans lieu, comment ne pas reconnaître Lazare, mendiant affamé de la parabole (Lc 17,19-31) ? Comment ne pas entendre Jésus : « A moi non plus vous ne l’avez pas fait » (Mt 25,45) ?
l–   Là où le péché pervertit le climat social, il faut faire appel à la conversion des cœurs et à la grâce de Dieu. La charité pousse à de justes réformes. Il n’y a pas de solution à la question sociale en dehors de l’Evangile (cf. CA 3). Toute société réfère ses jugements et sa conduite à une vision de l’homme et de sa destinée. Hors des lumières de l’Evangile sur Dieu et sur l’homme, les sociétés deviennent aisément totalitaires.

 

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