Carême et prophétisme

"Nul n'est prophète en son pays." Cette parole du Christ (Lc 4,24) est entrée dans le domaine public, pour dire l'étrangeté de celui ou celle qui a pour vocation de tirer vers le haut ou en avant, et qui le fait non seulement en paroles et en actes, mais par l'engagement de toute sa vie.

Cette radicalité dérange. Le prophète ne suit pas un chemin tout tracé. Il ne reste pas dans le rang, mais écoute et vit d'une Parole venue de plus loin que de lui-même, qui lui fait croire, espérer et aimer au-delà de sa zone de sécurité. En cela, tout chrétien devrait être prophète, s'il prenait au sérieux l'appel et la promesse que Dieu lui fait de devenir saint comme Lui-même est saint : "La sainteté est, si j'ose dire, le minimum pour un chrétien." (Simone Weil)

Puisse le Carême être un temps d'acclimatation à cette radicalité chrétienne pour laquelle nous sommes faits. Ce n'est que dans ce climat que pourra alors s'entendre l'appel à servir Dieu, l'Eglise et le monde en tant que prêtre ou religieux, à entrer dans ce chemin de foi qui donne d'aimer et de servir Dieu et son prochain, de tendre vers le Bien, le Vrai, et le Beau et de partager à d'autres cette recherche, de concilier démarche de foi personnelle et appartenance à l'Eglise, de développer ses talents pour la gloire de Dieu, de vivre une aventure humaine où l'imprévu est de mise et la radicalité de règle.

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